L'archipel des Glénan à Fouesnant

L'Archipel des Glénan fait partie du territoire de la commune
de FOUESNANT. Il se situe à environ 18 Km de nos côtes.
Le site est classé et bénéficie de plusieurs
procédures de protection (ZNIEFF,...). Toute cueillette
y est strictement interdite.
L'étymologie de Glénan est incertaine et plusieurs
hypothèses sont donc avancées : vallée, claire,
cercle de mer, chambre...
Il est un fait que les îles forment un cercle avec en son
centre une mer plus calme et peu profonde baptisée "La
Chambre".
DES MONTAGNES À L'ARCHIPEL...
Les Glénan sont le reste d'une chaîne de montagnes
formées à l'ère primaire (plissement hercynien),
il y a 500 millions d'années.
Si nous revenons plus près de nous, il y a seulement 20
000 ans, le niveau de la mer était aux environs de la côte
-100 m du continent. De le côte Fouesnantaise actuelle, il
fallait une journée de marche pour rejoindre l'Océan...
- L'Archipel, tel qu'il se présente aujourd'hui est constitué d'une
douzaine d'îles principales :
- L'Ile aux Moutons, la plus proche des côtes
- L'Ile du Loc'h, la plus grande
- L'Ile Saint Nicolas, la seule qui soit accessible au plus
grand nombre
- L'Ile de Penfret
- Drenec
- Brunec
- Bananec
- Fort Cigogne
- Quignenec
- Brilimec
- Guiautec
- Guiriden
UN PEU D'HISTOIRE...
Les îles ont été habitées sporadiquement.
On a retrouvé de nombreuses traces de civilisations anciennes
: tumulus, menhirs, débris de poteries du néolithique.
Peu habitées jusqu'au XVIIIème siècle, les îles étaient
propriété des Moines de l'Abbaye de Saint-Gildas
de Rhuys. Ils assuraient qu'il s'agissait d'un don du Roi Gradlon.
L'Archipel, de par sa position stratégique, a longtemps été un
repère de corsaires. Leur présence créait
une insécurité constante pour les pêcheurs
et plus encore pour les navires marchands. Un fort fut donc bâti
sur l'Ile Cigogne durant la seconde moitié du XVIIIème
siècle. Au plus fort, la garnison compta une centaine d'hommes,
mais les conditions de vie particulièrement difficiles et
l'insalubrité conduisirent quelques années plus tard à désaffecter
le fort.
Ensuite, plusieurs propriétaires se sont succédé.
En 1784, un négociant de Cherbourg envoie une vingtaine
d'ouvriers normands travailler à la fabrication de la soude
qui servait dans la verrerie. Cette soude était extraite
des grandes laminaires brunes qui étaient fauchées à la
faucille de mars à septembre, à marée basse.
Après les avoir fait sécher pendant plusieurs jours
sur les dunes, ils allumaient de grands feux d'ajoncs dans les
fosses qu'ils avaient préalablement creusées à cet
effet. Ces fosses, toujours visibles aujourd'hui (notamment à l'Ouest
de l'île Saint-Nicolas, près de l'éolienne),
ne sont rien d'autre que des tranchées d'une dizaine de
mètres, larges de 50 à 60 centimètres et garnies
sur le fond et les parois de larges pierres plates.
Une fois que le feu d'ajoncs avait bien pris, on y jetait peu à peu
des couches d'algues qui s'y consummaient en dégageant une épaisse
fumée âcre. Il restait au fond de la fosse une masse
visqueuse que les hommes remuaient à l'aide de longues perches
de chataîgniers. Au bout de quelques heures, on cloisonnait
cette masse homogène par des dalles transversales. En se
refroidissant, les "cendres" formaient des blocs très
durs : la soude.
A l'époque, on a accusé la fumée dégagée
par cette activité de faire fuir la sardine et les paysans
du continent en arrivaient même à craindre pour leurs
récoltes. L'activité des soudiers fut donc arrêtée
mais redémarra quelques années plus tard, en 1794.
Plus tard, à la fin du XIXème siècle, il
y eut une nouvelle tentative sur l'île du Loc'h mais qui échoua
rapidement en raison des importations moins coûteuses en
provenance du Chili. La cheminée ronde en briques rouges
est toujours visible et constitue un bon amer pour les navigateurs.
Les Glénan connurent également une industrie de
séchage de sardines et de lieus.
A la fin du XIXème siècle, en 1891, on comptait
85 habitants sédentaires dont 39 enfants, 15 pêcheurs
et 6 cultivateurs.
Le phare de Penfret a été construit en 1838 après
de nombreuses démarches et demandes de pêcheurs car
trop peu de phares les guidaient sur la côte sud et les naufrages étaient
fréquents, surtout aux alentours de l'Archipel où les écueils
sont nombreux. Le phare est une tour carrée de 22 mètres
de hauteur surmontant le logement des gardiens. Ce phare a été automatisé en
1993.
Dès 1870 un vivier fut construit sur l'île Saint
Nicolas ainsi que la cale qui permet de débarquer. Cet ouvrage,
extrêmement bien placé et bien conçu fut considéré comme
un modèle du genre. Il fonctionne par un système
de vannes permettant le renouvellement de l'eau au moment de la
marée.
Ce vivier accueille des homards et langoustes qui sont destinés
aux plus grands restaurants parisiens, et notamment le célèbre
restaurant Prunier.
Mais l'histoire contemporaine de l'Archipel est tout aussi riche.
En 1947, Monsieur VIANNAY et sa femme créent le Centre
Nautique des Glénans (avec un "S" !) dont la réputation
n'est plus à faire. Ils sont les créateurs de célèbres
bateaux à voiles, tels que le "Vaurien". Leur
activité se déroule sur plusieurs îles de l'Archipel
: Penfret, Cigogne, Drenec et Bananec.
En 1960, le Centre International de Plongée (CIP) s'installe
sur l'île Saint-Nicolas et profite ainsi de l'exceptionnelle
limpidité de l'eau (due à la présence du maërl
et d'un sable très blanc) pour initier de nombreux adeptes
et leur faire découvrir des fonds marins d'une rare richesse.
LE MAËRL : UNE ALGUE TRÈS CONVOITÉE
Découverte au siècle dernier, cette algue rouge encroûtante
est utilisée comme amendement et intervient également
dans la fabrication de nombreux produits cosmétiques. Son
nom est Lithothamnium Calcareum, mais elle est plus connue sous
le nom de maërl. Son extraction a toujours lieu mais elle
est extrêmement règlementée.
LE NARCISSE DES GLÉNAN - Narcissus Triandus ssp capax
Une espèce unique au monde
Le Narcisse des Glénan a des fleurs souvent groupées
par deux, de couleur jaune pâle, presque blanche, y compris
la couronne allongée. Il a été découvert
en 1803 par Monsieur BONNEMAISON , pharmacien à QUIMPER.
Il devait aussitôt susciter l’intérêt
de nombreux botanistes et donna lieu à des controverses
passionnées sur son statut taxonomique, c’est-à-dire
sur son appartenance à tel ou tel niveau de classification.
Cette espèce est l’un des fleurons de la flore régionale
et nationale, elle est unique au monde. Dans l’Archipel,
même si quelques îlots abritent encore de petits peuplements,
c’est sur l’Ile Saint Nicolas que l’on trouve
le fameux Narcisse.
Une espèce menacée du fait de sa spécificité
Contrairement à la plupart des Narcisses, il se reproduit
par graines et non par division des bulbes. Ainsi, une cueillette
intensive faillit faire disparaitre l’espèce. Dès
1924, les botanistes s’inquiétaient pour l’avenir
de cette plante qui fit même l’objet de tentatives
de culture de la part d’horticulteurs désirant la
commercialiser.
La plus petite réserve naturelle de France
A l’initiative de la SEPNB (Société pour l’Étude
et la Protection de la Nature en Bretagne), une partie de l’Ile
Saint Nicolas fut classée en réserve naturelle en
1974. Sa gestion fut confiée à la commune de FOUESNANT.
Avec ses 15 225 m2 , la réserve, entièrement consacrée à la
protection de cette espèce endémique de l’Archipel
Fouesnantais, est la plus petite réserve naturelle de France.
Au début, une simple clôture fut érigée.
Paradoxalement, elle aurait pu sonner le glas des Narcisses. L’arrêt
du piétinement et la légère diminution de
la force du vent provoquée par la clôture se traduisit
par le développement rapide d’une végétation
arbustive de genêts, fougères et ronces.
Lors d'un inventaire effectué en 1980, le Conservatoire
Botanique de Brest et la SEPNB attirèrent l’attention
du Maire de Fouesnant sur l’évolution alarmante constatée
au sein de la réserve. En 1984, le nombre de pieds fleuris était
inférieur à 3 000. Il devenait donc urgent de mettre
en oeuvre une gestion scientifique de la réserve.
La gestion de la réserve naturelle
C’est en 1984, que le suivi scientifique fut institué grâce à la
création d’un comité de gestion. La gestion
de la réserve fut officiellement confiée à la
SEPNB en 1986.
La régression de la population de Narcisses constatée
entre 1980 et 1984 montrait la nécessité d’un
débrousaillement. Celui-ci fut réalisé au
cours des mois de février 1985 et 1986 , avant que les Narcisses
n’aient développé leurs feuilles.
Depuis 1985, la population de Narcisses est systématiquement
recensée sur la totalité de la réserve. Remontée à plus
de 8 500 pieds fleuris en 1987, le nombre de Narcisses est aujourd’hui
de l’ordre de 40 000 à 50 000 pieds. L’espèce
peut être considérée comme sauvée.
Le débrousaillement ayant un effet indiscutablement bénéfique
pour le fleurissement du Narcisse, l’idée d’un
entretien par pâturage extensif parut séduisant. Par
son écologie, par son caractère rustique et par le
peu d’entretien et de surveillance qu’il nécessite,
le petit mouton noir d’Ouessant semblait tout indiqué.
Une dizaine de moutons fut mise à pâturer dans la
réserve mais des chiens tuèrent plusieurs moutons.
La succession fût assurée pendant quelques années
par deux ânes et un poney. Mais cette solution de pâturage
naturel n'était pas encore idéale et connaissait
au moins deux limites. Tout d'abord, le crottin produit par nos "ouvriers à quatre
pattes" risquait d'entrainer une modification de la nature
du sol qui aurait pu finalement être préjudiciable
au Narcisse lui-même. Enfin, le pâturage de l'enclos
des Narcisses avait lieu après la floraison, durant l'été,
au maximum de la fréquentation touristique de l'île,
et notre trio eût rapidement tendance à préférer
les biscuits, sandwiches et autres restes de pique-niques à l'herbe
sèche et aux fougères...
Actuellement, l'entretien de la réserve naturelle est donc
assuré sous la forme de chantiers de débroussaillage
manuel et mécanique.
La concurrence de la Jacinthe des Bois
Le spectacle éphémère de la floraison du Narcisse
des Glénan (généralement à partir de
la mi-avril) est réellement grandiose d’autant que
les Jacinthes fleurissent en même temps. La réserve
qui n’est qu’un espace de fougères en été devient
alors un véritable tapis vert, blanc et mauve.
Ce tableau féérique ne doit cependant pas masquer
une réalité un peu plus inquiétante. Des observations
sur le terrain, confirmées par des expériences menées
par le Conservatoire Botanique, montrent que la concurrence entre
la Jacinthe et le Narcisse risque de mettre en péril ce
dernier.
Le suivi scientifique de la réserve reste donc indispensable
d’autant que les petits peuplements de quelques îlots
de l’Archipel (Brunec, Le Veau, La Tombe) semblent sérieusement
menacés du fait notamment de la surfréquentation
des goélands.
Les Sorties Nature aux Iles Glénan
Les Sorties Natures aux Iles Glénan sont programmées
tous les mardis d’avril à septembre. La floraison
du Narcisse est généralement visible durant les trois
premières. Les inscriptions et réservations s’effectuent
auprès de l’Office de Tourisme de FOUESNANT - LES
GLÉNAN. La traversée, au départ de la cale
de BEG-MEIL dure environ 1 heure.
OFFICE DE TOURISME - 5, rue Armor - 29170 FOUESNANT - Tél.
02 98 56 00 93 - Fax. 02 98 56 64 02
Fouesnant-Les Glénan : Cigogne de Cristal 1994
La station de FOUESNANT - LES GLÉNAN a obtenu la Cigogne
de Cristal 1994 pour la qualité de son action en faveur
d’une découverte de l’environnement.
Ce Trophée national est décerné tous les
ans par un jury composé de journalistes et de représentants
des Ministères du Tourisme, de l’Environnement et
de la Fédération Nationale des Offices de Tourisme.
LA LÉGENDE DE LA GROAC'H
Cette légende a été recueillie au milieu du
siècle dernier par Émile SOUVESTRE ("Le Foyer
Breton" 1884).
On peut la raconter ainsi :
Au pays de Lannilis, vivaient Houarn Pogam
et Bellah Postic. Ils avaient grandi ensemble et devaient se
marier. Mais hélas,
aucun d'eux n'avait un sou vaillant.
Houarn décida de quitter le pays pour chercher fortune.
Avant son départ, Bellah lui confia deux objets : "Voici
le couteau de Saint Corentin qui défait les enchantements
et la clochette de Saint Kolédoc qui prévient les
amis quand on est en danger. Moi, je conserve le bâton de
Saint Vouga qui me conduira où je lui dirai si tu as besoin
de secours."
Après plusieurs jours de marche, Houarn arriva au Pays
de Pont Aven. Là, il entendit parler de la sorcière
du Loc'h : la Groac'h. Elle habitait au fond de l'étang
dans la plus grande île des Glénan et était
d'une richesse fabuleuse.
Beaucoup avaient essayé de lui dérober son trésor,
mais personne n'en n'était revenu.
Rapidement, Houarn s'en fut au bord de l'étang où un
cygne attendait. Il l'emporta sur son dos et plongea au milieu
de l'eau.
Il se retrouva auprès de son superbe château, devant
la Groac'h qui était d'une beauté éblouissante.
La Groac'h lui proposa un marché : toutes ses richesses à une
seule condition, qu'elle devienne sa femme !
Tenté par la proposition, Houarn s'assit pour réfléchir
et manger une friture de poissons que la sorcière venait
de pêcher dans le vivier du palais. Il sortit son couteau
pour couper les poissons, mais à peine les eut-il touchés
qu'ils devinrent de petits hommes. : "N'épouse pas
la Groac'h, sinon tu seras comme nous qui avons cru devenir riches
en acceptant son marché" crièrent-ils en choeur.
Mais la sorcière jeta son filet sur Houarn qui fut aussitôt
transformé en grenouille. La clochette de Saint Kolédoc
qu'il portait autour du cou se mit à tinter et Bellah l'entendit.
Elle enfourcha immédiatement son bâton de Saint Vouga
et se retrouva en un instant à l'île du Loc'h où déguisée
en homme elle se présenta à la Groac'h.
La sorcière lui fit la même proposition qu'aux autres
: "D'accord dit Bellah, si vous me laissez auparavant pêcher
avec votre filet l'un des poissons que je vois dans ce vivier".
La Groac'h accepta mais dès que Bellah eut le filet, elle
le jeta sur la sorcière et l'y enferma, et elle se transforma
en un hideux crapaud que Bellah noya dans un puits.
Elle toucha ensuite du couteau enchanté chaque poisson
qui se transforma en autant de chrétiens. Houarn, après
avoir retrouvé sa forme première et fait provision
de pierres précieuses et d'or, s'en retourna au pays avec
Bellah qu'il épousa. Et ils furent désormais heureux.
Thierry LACOMBE
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