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L'archipel des Glénan à Fouesnant

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Les textes sur les Glénan

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Revue "Cap Caval" - n° spécial Glénan


Cap Caval
N° spécial Glénan
Le Centre International de Plongée depuis 30 ans
par Roger Weigèle

L'article de Roger Weigèle et un complément de Michel Gueguen (photos envoyées par Jean le Bloch ancien president du GAP)

Devenus autonomes grâce aux nouvelles techniques (bouteilles, combinaisons...) généralisées après la dernière guerre, les plongeurs sous-marins découvrirent de nouveaux horizons à explorer dans le monde des abysses. Des clubs virent le jour et s'organisèrent dans notre région et bien vite on se rendit compte de l'exceptionnelle richesse des fonds autour des îles, ainsi que de la limpidité de l'eau en ces lieux. C'est ainsi que germa très vite l'idée d'une base aux Glénan. L'un de ses fondateurs, Roger Weigèle, nous détaille la chronologie des faits et la vie du centre qui fête aujourd'hui ses trente ans)

1963 : Le G.A.P installa sa restauration dans l'ancien hangar du canot de sauvetage de Saint Nicolas rebaptisé "Aux quatre vents". On v reconnaîtra l'équipe des pionniers, Gérard Hogommat, Hubert Piriou, Marguerite Hogommat, Jeanne Piriou, René Augeç Jean Bloch, Jean-Pierre Péhoré, Alain Henriot, Renée et Roger Weigèle, René et Christiane Boudenant, Robert Hogommat, Roger Dumont, Jean René Seznec, Jean claude Meurlet, Jean Michel Herriot, Yvette et Jean Claude Guerrier Jo Guillemin, Georges Daniel, Mr Guillemin, Alexis Bertholom

Les pionniers

En 1955 existait à Quimper le Groupe Atlantique de Plongée (G.A.P). Ce club, l'un des tout premiers du Finistère, avait été créé par une poignée d'autodidactes de la plongée, regroupés sur la région Quimpéroise.

Leurs activités et interventions de sauvetage subaquatique, les amenèrent à découvrir les fonds des îles Glénan. L'archipel, à cet époque peu fréquenté, représentait un véritable vivier. La prédation humaine y était minime et ne mettait pas en danger l'équilibre des écosystèmes. Amoureux des îles, certains membres du G-A-P auraient souhaité y vivre davantage, mais les moyens de transport étant très limités, les voyages aux îles restaient des moments très appréciés mais trop rares. Seul le "Roi de cœur" transportait quelques passagers l'été.

Durant cette même période nous présentions ma femme et moi un numéro d'acrobatie sur les scènes de Bretagne et de manière itinérante sur les routes de France. Quimper nous reçut plusieurs fois entre 1953 et 1959, car notre goût prononcé pour la mer nous faisait fréquenter souvent la Bretagne. Plongeur amateur depuis 1950, je rencontrai l'un des membres fondateurs du G-A-P, Roger Dumont, et partageai avec lui sa passion sous-marine.

En septembre 59 un voyage aux Glénan cristallisera les rêves des fondateurs du G-A-P et mes aspirations. Il fut entendu, alors, qu'il serait lancé une base école de plongée sur Saint Nicolas, dans la ferme de Luc Le Corre, membre du G.A.P Une poignée de plongeurs, sous la présidence de M. Canet, achetèrent une vedette garde-côte de 13 mètres, le "GOYEN". Nous avions prêté la somme nécessaire à cet investissement et la vedette fut sortie de l'eau dans l'hiver 59-60.

Premiers stages

Au printemps, je passais avec succès le Monitorat National de plongée et l'école recevait son premier groupe de plongée : le C-L-A-S de Liège. Ce club fréquente encore aujourd'hui et chaque année à la pentecôte le C-I-P- Pendant plusieurs années la ferme sera aménagée par les membres du G-A-P- Tous les week-ends, les plongeurs amélioraient les installations rustiques sur l'île : dortoirs, cuisine, puits ... Il n'y avait pas de compresseur pour les blocs de plongée et à chaque retour sur le continent, il fallait aller regonfler à Quimper de grosses bouteilles de 7 m3 qui de retour sur les îles permettaient par transvasement de remplir les scaphandres. Tout ceci était réalisé avec des moyens pratiquement inexistants et il fallait même parfois amputer les salaires pour permettre de nouveaux investissements en matériel. Le bénévolat total était devenu la clef du fonctionnement de cette école de rigueur et de volonté. En 1964 le club peut s'installer dans l'ancien hangar du canot de sauvetage de l'île, acheté à la commune de Fouesnant, propriétaire des îles. C'est au retour de l'un de ces dimanches consacrés à l'édification du centre, que le vice-président du G.A.P, Alexis Berthelom, trouve la mort en tombant de son bateau dans une mer difficile.

Biologie sous-marine

En 1963, le centre organise les premiers stages d'initiation à la biologie sous-marine, sous la tutelle du C-N-R-S et la direction de Jean-Paul Guiguer, bras droit du professeur Drach. Suite à ces stages trois jeunes filles s'installeront au centre pour préparer une thèse de biologie sur les îles Glénan. Deux d'entre elles Mlles Castric et Girard sont restées au C-N-R-S et sont responsables aujourd'hui du laboratoire du Collège de France de Concarneau. Annie Castric poursuit actuellement l'initiation à la biologie sous-marine chaque année au C-I-P- Elle est aidée en cela par Claude Chassé chargé de recherches au C-N-R-S de Brest.

En 1966, le centre reçoit le Club Européen de Plongée de Bruxelles et par son entremise la Fédération d'Allemagne Fédérale vient faire passer les brevets de cadre et de moniteurs de la fédération. Activité qui se poursuit encore aujourd'hui.

En 1969 l’expansion du centre de plongée oblige le G-A-P à fusionner avec un réseau de centres : les C-I-P, aidés par une grande marque de matériels de plongée : La Spirotechnique. Cette association permet grâce aux aides de la marque en matériels, l'expansion de l'école et sa renommée au niveau européen.

Malheureusement en 1980, la récession économique ne permet plus à ce sponsor d'aider le centre et une proposition de liquidation est faite. Devant cette situation les fondateurs de l'école se mobilisent et décident de relancer le club sous le nom actuel "C.I.P Quimper école des Glénans". Sous les présidences respectives de Jean Claude Guerrier et moi-même, le centre repart sur une nouvelle orientation tout d'abord avec M et Mme Brive durant 3 ans, et ensuite avec Jean-François Tréhiou, maître d'éducation physique et moniteur d'état de plongée. Grâce à lui le C.I.P met au point une pédagogie d'avant garde et organise pour la première fois en France des stages accélérés de formation de marins pêcheurs et des stages d'initiation pour handicapés physiques.

Plongée dans l'histoire

En 1990, il organisera le second stage de plongée historique sous-marine, encore une nouveauté sous l'impulsion de Bernard de Maisonneuve à mettre à l'actif du C.I.P.

La réputation du C.I.P Glénans qui repose sur une pédagogie, un esprit d'équipe et trente années de fonctionnement se lance sur … le continent. En effet depuis 1987 le C.I.P lance une base à Bénodet. Actuellement le C.I.P possède deux bateaux importants : le "Pierre- Marie" et le "Corto des Glénan", indispensables au ravitaillement des îles et aux sorties plongées.

Chaque année 6 à 7000 plongées sont effectuées, 150 brevets de plongée sont délivrés et parmi ceux-ci 35 à 40 monitorats fédéraux.

Roger WEIGELE


Les pionniers des Glénan

L’ article de Roger Weigele sur les Glénan me rappelle de très bons souvenirs sur les débuts du club de plongée de Quimper dans l’Archipel des Glénan, ce véritable paradis.

Pour 1963, je dois rajouter quelques noms à la liste de Roger Weigele : Yves Marie Le Goaziou, Jacques Queinnec et moi-même, Michel GUEGUEN.  Yves-Marie est un ancien plongeur démineur de la Marine, libraire à Quimper.  C’est lui qui m’invita à un baptême de plongée aux Glénans avec mon ami J.Cl. Meurlet.

Après quelques semaines d’entraînement, grâce à Roger Weigele, moniteur national, nous devenons des plongeurs aguerris et enthousiastes.  Nous sommes conquis par les paysages sous-marins et ces eaux transparentes, à 35 mètres de fond. Nous visitons les épaves du Pietro-di-Orseolo, un bateau chargé de minerai de vanadium, coulé pendant la dernière guerre. En 1964, un chalutier coule dans le chenal des Bluiniers.  Sa position est connue : 47°43,8 Nord, longitude 4°03,7 Ouest. Grâce au flair d’Yves-Marie Le Goaziou, et de Jacques Queinnec, et sans GPS, nous retrouvons l’épave du Mascaret, en très bon état, à part un grand trou dans la coque. Vu d’en haut, il paraît naviguer sur le fond : la vue est superbe et émouvante.  Nous ramenons le sextant du bord, les papiers du bateau, et le permis du patron, heureusement rescapé du naufrage.  Quelques jours plus tard, il est tout ému quand Yves-Marie lui rapporte ses affaires personnelles, retrouvées par un spécialiste ; en effet, il a été le premier commandant du 2ème Groupe de Plongeurs de Brest (GPD) pendant son service militaire à Toulon et  Brest.

A cette époque, le Groupe Atlantique de Plongée avait acheté un solide bateau de 13 m, baptisé le Point d’interrogation pour effectuer le trajet Concarneau - St Nicolas, et les sorties de l’école de plongée.  Avec sa coque rouge et son équipage d’hommes grenouilles en noir, il faisait sensation parmi les voiliers du club des Glénans et autres fanas de voile pure.  A cette époque bénie, il y avait assez peu de touristes, quelques rares pêcheurs et beaucoup de bateaux et voiliers, le Centre Nautique à Penfret, le GAP à St-Nicolas.  La pollution était inconnue, le site protégé et le poisson abondant ; les homards et les crabes excellents ; on pouvait même pêcher des ormeaux et coquilles St Jacques, jamais en plongée bien sûr. J’ai même une fois ramené un poisson torpille, sans me faire électrocuter par leur pile de 300 ou 400 volts ! Cela intéressait surtout notre plongeuse-biologiste marine, Annie Castric, et les scientifiques du CNRS- Biologie marine. Autres curiosités : les poisson-lune et le requin-pèlerin, un poisson très pacifique mais devenu rare par la surpêche, autrefois. On le voit parfois dormir en surface ou en quête de plancton. Heureusement aujourd’hui, il est protégé.

En 1964, après des mois de travail le local-restaurant du club GAP était installé dans l’ancien hangar du Canot de sauvetage, et inauguré dans la bonne humeur ; puis dans la foulée, où venait tous les week-ends améliorer les installations de la ferme, les dortoirs, etc. , toujours insuffisants pour l’Ecole de Plongée. Suivant l’exemple du Centre Nautique des Glénans qui avaient déjà construit plusieurs locaux, le GAP décida en1965 de construire 4 maisons, avec une douzaine d’appartements destinés aux membres fondateurs, réunis en association. Le permis de construire, soumis à des conditions drastiques, vu l’environnement exceptionnel, fut obtenu grâce aux efforts tenaces de Jacques Queinnec, notaire de son état, et plongeur émérite. Le chef de chantier, Roger Dumont réussit à faire travailler tout le monde pendant 2 ans. Pas évident quand chacun rêve à la prochaine plongée, ou chasse, pêche sous-marine – ou simplement au farniente sur la plage.

Mais une fois terminé, on s’est senti bien intégré à l’île de St-Nicolas et pas seulement des plongeurs de passage comme auparavant. Les maisons ne gênent pas la vue et s’intègrent bien dans le paysage, grâce à notre architecte Jean Quéinnec. Après la plongée, j’ai fait beaucoup de bateau et de croisières, en Grande-Bretagne, en Grèce, aux Antilles, aux Iles Vierges ou St-Domingue, mais j’aime toujours autant revenir aux Glénans ; par beau temps. Rien ne vaut ce coin de paradis sauf peut-être les Scilly.

Bateau du GAP : le point d'interrogation à Concarneau

Bateau du GAP : le point d'interrogation aux Glénan

Bateau du GAP : le point d'interrogation : la plongée

GAP : plonguers aux Glénan Michel GUEGUEN GAP : plonguers aux Glénan Michel GUEGUEN

GAP : inauguration des quatres vents (future La Boucane) Michel Gueguen
Inauguration du "Quatre Vents" Saint Nicolas - Glénan - Août 1964
Les "Aux 4 Vents" deviendra par la suite "La Boucane"

Photos envoyées par Jean le Bloch ancien president du GAP

GAP (ex CIP) peche de végétaux 3 plongeurs du GAP en couleur
3 plongeurs du GAP 2 bateaux et 4 plongeurs du GAP
Les 2 Annie Plongeur et fumeur

Michel GUEGUEN

 

 


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