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Sainte-Anne de Fouesnant
Annick Le DOUGET

La légende de la fondation

Pardon de Ste-Anne de Fouesnant - Sortie de la processionLe fonds dit "Peyron", constitué par l’éminent chanoine Peyron, et conservé à l’Évêché de Quimper, recèle des trésors. Parmi eux figure un document que l’on peut dater du début du siècle, hélas non signé : on peut légitimement penser qu’il s’agit de l’ouvrage d’un prêtre, passionné par l’histoire de sa paroisse. Voici la légende de Sainte-Anne, telle que recueillie et transcrite par l’historien.

"Voici une légende que j’ai souvent entendu raconter, avec quelques petites variantes, au sujet de cette chapelle de Sainte-Anne de Fouesnant.

Un jour, vers onze heures, une belle dame modestement habillée, mais belle comme tout, entre dans une chaumière située dans un coin du champ qui touche le côté Est du placître actuel de la chapelle.

La ménagère, hors d’elle-même, crie : "Allez vous-en !"

En même temps, elle court, toute rouge de colère, après la dame pour la frapper de sa patelle (ou pastelle). La dame se retire. Étant venue presque sur le seuil de sa porte, la ménagère ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil sur son champ.

Ô surprise ! le blé noir a poussé et est réellement mûr ! La fermière cherche à revoir la dame, mais celle-ci a disparu. Elle revient à son travail. Plusieurs crêpes, dit-on, échappèrent de ses mains et tombèrent dans le feu, tant elle était émue.

Quand son mari vint dîner, elle lui raconta l’apparition et n’eut pas de peine à se faire croire, car le blé était vraiment mûr.

On en parla au recteur, qui vint voir le champ, et se décida à y bâtir une chapelle en l’honneur de Sainte Anne. Cependant, il manquait l’argent nécessaire pour cette construction. Pour se procurer des ressources, il eut l’idée de mettre un tronc au bord de la route de Fouesnant à Quimper, à l’embranchement de Sainte-Anne, et l’on dit que l’argent n’y manqua jamais pendant la construction de la chapelle."

Et depuis...

"A Fouesnant, la dévotion va d’emblée à Sainte Anne. Même les hommes qui ne venaient que rarement à la messe, qui négligeaient leurs Pâques, venaient en pèlerinage à la chapelle, non seulement les jours du Pardon, mais les mardis du Carême, et faisaient comme tout le monde trois fois le tour de la chapelle le chapelet en mains" conclut notre narrateur.

Ceci se passait bien sûr dans des temps très anciens... Peut-être quand fut décidée la construction de la première chapelle de Sainte-Anne, car l’édifice que nous connaissons fut précédé d’un autre plus modeste.

Voici l’acte notarié du 16 août 1680 portant acquisition du placître avant l’édification en 1683 de la chapelle actuelle. Il est important, car il démontre l’existence, à proximité, d’un autre sanctuaire, devenu vraisemblablement trop petit pour recevoir la foule des pèlerins. La fontaine se trouvait déjà à l’emplacement que nous connaissons. Les deux édifices ont coexisté au moins le temps des travaux, sans doute même davantage, mais on ne sait quand l’ancien a été détruit.

Ce document provient de la même source du fonds Peyron ; il est retranscrit sur un vieux cahier et on y reconnaît l’écriture du rédacteur de la légende de Sainte-Anne; Une annotation intéressante y est ajoutée (l’historien arrivait bien sûr aux mêmes conclusions que ci-dessus) : "Il se peut qu’on ait voulu représenter cette première chapelle par l’image d’une petite chapelle sculptée en relief dans un des panneaux du maître-autel actuel".

Dessin de la chapelle Ste Anne"Le 16 août 1680 après midy devant nous notaires royaux de la cour et siège royal de Conq, Fouesnant et Rosporden, ont comparu en personnes Tanguy Le Béchennec et Jeanne Le Tymen sa femme, demeurant au village de Silligeau en la paroisse de Fouesnant, d’une part ; et Jean Keradennec, à présent fabrique de la chapelle de Sainte-Anne de Fouesnant, demeurant au village de Kervransel, en la prédite paroisse, adhéré de vénérable et discret messire Pierre Moro, prestre recteur de la dite paroisse de Fouesnant, et des vénérables et discrets messires Tanguy Nédélec, prestre et curé de la dite paroisse, et Jean Le Moal prestre de la dite paroisse de Fouesnant, faisant tant pour eux que pour le général de Fouesnant, d’autre part."

Par cet acte de vente, Béchennec et sa femme vendent à Keradennec et à ces messieurs, comme fabriciens et représentants de la paroisse de Fouesnant "le fond, la propriété, possession et saisine, édifices et droits réparatoires et superficies d’un journal de terre chaude, superficies, temps et endroits situés dans un parc appelé vulgairement parc an illis, autrement parc Mary, la dite journée de terre située dans le dit parc du costé du couchant, le dit parc fermant vers orient sur le chemin conduisant du bourg de Saint-Évarzec au bourg de Fouesnant et du nord sur la fontaine de la chapelle de Sainte-Anne, le dit journal contenir quatre-vingt cordes, la dite vente faite et accordée entre parties pour cession de la somme de trois cents vingt Livres."

Kéradennec paie immédiate-ment "en louis et demi-louis d’argent en bonnes monnaies, que le dit Keradennec déclare provenir des deniers apparte-nant à la dite chapelle de Sainte-Anne de Fouesnant."

L’acte est signé de M. Moro, Moal, Nédélec, prêtres ; de Guillaume Conan Kerhorenas, recteur de Saint-Évarzec pour Béchennec et sa femme ; de Guillaume Noblet, seigneur de Keryon ; Berterrand Desange, sieur de Rosmeur, et se termine par : "Billetté, cotté et chiffré : Longchamp, Parquer."

La prise de possession de la terre se fit le 20 août suivant. Cet acte précisait expressément que l’achat se faisait au profit de la chapelle Sainte-Anne de Fouesnant. La copie de l’acte de prise de possession ne fut délivrée que le 16 juin 1687 ; ce document ainsi que celui de l’achat ont longtemps été conservés au presbytère de Fouesnant.

Un pardon animé en 1726

La décision prise par le seigneur Guillaume-Joseph Riou de Kerouant et Kernuz de "lever la coutume" lors d’un pardon de Sainte-Anne en 1726 fut source de scandale et troubla la sérénité habituelle des pèlerins.

Un procès s’en suivit, l’opposant au recteur de Fouesnant : le procès-verbal des deux "playdoyés" relatent cette curieuse affaire. (Archives de l’Évêché)

Que signifiait "lever la coutume" ? La "coustume" était un privilège noble, autorisant le seigneur du lieu à prélever à son profit sur les étals des vendeurs, les jours de pardon ou "assemblées", des fruits ou autres marchandises, selon son bon vouloir.

En 1726 donc, il plut à Messire Guillaume-Joseph Ryou, chevalier, seigneur et baron de Kerouent et de Kernus, seigneur de la cour et de la juridiction de Bréhoulou et de Kergaradec, de faire lever la coutume sur le placître de Sainte-Anne de Fouesnant la veille et le jour du pardon, qui a lieu le 26 juillet.

Il envoya Jean Le Roy, ménager à Laëren en Plonéour, porter ses ordres à Maître Bernard-Sébastien Démizit, avocat, sénéchal et seul juge de la cour et juridiction de Kergaradec et de Bréhoulou. Pierre Chattou, procureur fiscal de la même cour et habitant Mesmeur en La Forêt et le dit sénéchal demeurant au lieu de La Forêt vinrent, accompagnés de Maître René Mascé, greffier de la même cour, demeurant aussi à La Forêt, et suivis de Yves Tolliec, sergent de la dite juridiction, et de Jean Le Roy, jusqu’au placître de Sainte-Anne, la veille du Pardon. Et ils se mirent à lever la coutume sur tous les boulangers installés dans ledit placître, puis sur les fruits et autres denrées, quand Jean Le Louarn, de Kervransal, qu’ils appellent "le valet de la fabrice de Sainte-Anne", se mit à crier :"Aux voleurs ! Hers al laëron !" Bientôt, la foule fut nombreuse et menaçante, criant comme Louarn : "Aux voleurs ! Hers al laëron !".

Ces messieurs durent se retirer.

Ils revinrent le lendemain, vers onze heures, pendant qu’on chantait la messe, et voulurent continuer à lever le droit de coutume. Mais on leur dit que Monsieur le Recteur l’avait fait le matin même. Ainsi l’attestaient Marie Le Saux, boulangère au bourg de Trégunc, Catherine Ligen, boulangère au bourg d’Elliant, Henri Stéphan, mercier à Quimper, François Messager, mercier au bourg du Juch, et bien d’autres.

Le Sénéchal et ses compagnons allèrent alors à l’église par la sacristie, pendant le sermon, protester auprès du Recteur, lui disant que le baron de Kerhouent seul avait le droit de faire lever la coutume sur ce placître. Monsieur le Recteur protesta à son tour qu’il était inouï qu’on vînt ainsi troubler l’office au grand scandale de la population. Il y eut échange de propos aigres-doux entre les deux parties. Il s’en suivit un procès qui dura près de deux ans.

Le Recteur soutenait qu’il ne levait pas la coutume, mais faisait une quête, que chacun pouvait donner l’offrande qu’il voulait, mais que le baron de Kerhouent, ni les seigneurs de Kergaradec et de Bréhoulou n’avaient aucun droit sur le placître, que c’était la première fois que les hommes de cette juridiction récente se présentaient pour réclamer un pareil droit.

Le baron, en effet, pensait que le placître avait été détaché du village de Silligeau qui était de sa juridiction. En réalité, le placître avait été la propriété personnelle des fermiers de Silligeau sans faire partie de ce village, et relevait de la juridiction du Roi et non de celle de Kergaradec et Bréhoulou.

Le 28 mai 1728, il y eut un compromis entre le Recteur et le Baron. Par ce compromis, le baron de Kerhouent reconnaissait qu’il n’avait aucun droit dans le placître, et le Recteur renonçait à demander réparation pour les propos malveillants des hommes de la juridiction de Kergaradec et Bréhoulou.

N.B.: L’orthographe des noms, même inexacte, a été respectée.

1739 : La croix de Sainte-Anne

La croix de Sainte-AnneEn 1739, avec l’assentiment du fabricien et du général, Messire Perrot, recteur de Fouesnant, acheta à Monsieurr Appert, de Quimper, une croix en argent, du poids de sept marcs cinq gros, avec son bâton, pour la chapelle de Sainte-Anne. Sans doute pour obtenir un consentement plus complet, il précisa à ses conseillers que cette croix "servira aussi aux grandes cérémonies de l’église paroissiale"

Cette croix façonnée coûta 450 Livres 10 sols, une somme élevée. C’était une croix de chapitre à bâton d’argent chargé d’hermines et de fleurs de lys.

Le marc d’argent façonné coûtait alors 51 Livres ; le titre en était celui de la ville de Rennes (Cahier des comptes et des délibérations). La croix pesait donc 1.865 grammes environ (sans le bâton, sans doute).

(Archives de l’Évêché)

1753 : Bénédiction de la première pierre du dallage de Sainte-Anne

Peut-être vous êtes vous un jour interrogé sur la teneur des inscriptions difficilement lisibles gravées sur des dalles près du choeur de Sainte-Anne ? Voici la réponse : elles datent de 1753 et commémorent la pose de la première pierre du dallage du sanctuaire.

Le pavage de la chapelle et du choeur fut fait en 1753, alors que Yves Guériven, de Kerancras, était fabricien. Les pierres provenaient de Saint-Évarzec et les ardoises de Pleyben.

Avant le début des travaux eut lieu une grande cérémonie. La première pierre fut bénite par Messire Noël-Anthoine Perrot, Recteur de Fouesnant, assisté de ses vicaires : J. Guéréven, curé de La Forêt ; Delafont, prêtre à La Forêt ; Perrault, curé de Fouesnant ; Le Guillou, qui prenait le titre de chapelain.

Le parrain qui, aidé de la marraine, posa la première pierre, était M. Alain Dordelin, officier des vaisseaux de la Compagnie des Indes. La marraine était la dame Marie Dordelin, épouse de M. Joseph Bouvet, Capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes.

Ce sont ces noms qui furent gravés dans la pierre.

1867 : Sainte-Anne "Chapelle de secours"

En 1807, la chapelle de Sainte-Anne fut érigée en "Chapelle de secours" par un décret de l’Empereur Napoléon III, dont voici la teneur :

I- Le culte y sera célébré sous la direction du Curé de Fouesnant et sous l’administration de la fabrique de cette paroisse.

II- Le trésorier de la fabrique de l’église paroissiale de Fouesnant est autorisé à accepter les deux legs gratuits de trois cents francs faits par la dame Jeanne Lagadec, veuve du sieur Jean Bodivit, suivant son testament du 4 novembre 1842, l’un à la fabrique de l’église paroissiale et l’autre à la chapelle de Sainte-Anne.

Biarritz, 30 décembre 1867

Suit la signature de Napoléon

1893 : Le pèlerinage de la sécheresse

Il n’est que six heures du matin ce lundi 19 juin 1893, et la chapelle Sainte-Anne connaît déjà une affluence exceptionnelle : trois mille personnes venues de tout le canton de Fouesnant sont là, regroupées autour d’un autel champêtre dressé sur le placître. Que se passe-t-il, quel est donc l’événement à l’origine d’une telle effervescence ? Une fête ? Non, les mines sont sombres, nous sommes loin de l’ambiance joyeuse de l’inauguration du clocher de la chapelle juste vingt ans auparavant, en 1873. En fait, il s’agit d’un pèlerinage destiné, par des invocations et des prières adressées à "hor Mam Santez Anna" à faire cesser la sécheresse qui sévit sur le pays fouesnantais depuis de longs mois.

Le journal local "L’Union Agricole et Maritime" parle dans ses colonnes de 1893 de la sécheresse persistante ; début juin, il fait état d’un "climat tropical" sur notre région, source de calamité agricole. "La Semaine Religieuse" (Année 1893, p. 440-441) précise que "les gazons rougis, le sol crevassé, les bestiaux mourant d’inani-tion montraient assez le besoin d’implorer la miséricorde divine". C’est ainsi que le pèlerinage fut organisé.

"La Semaine Religieuse" nous décrit le déroulement de cette "manifestation de foi". Les pèlerins fouesnantais sortent d’abord de leur église paroissiale au chant des litanies. Le très long défilé, avec croix et bannières, se met en marche vers Sainte-Anne ; "les versets du Miserere, et le Pace Domine arrachent des larmes à plusieurs", nous dit-on ; " la récitation du chapelet atteste une ferveur inusitée"..

Le salut des bannièresArrivée à Sainte-Anne, la procession fouesnantaise rencontre les processions des autres paroisses du canton et va les saluer par le symbolique baisement des croix.

La messe commence alors sous les chênes. Le curé de Fouesnant adresse à la foule compacte un sermon retentissant. Lisez-le bien, il est inté-ressant à plus d’un titre ; il témoigne notamment d’un mode de prédication disparu, faisant appel à la crainte de Dieu et au châtiment divin. Voici sa retranscription.

"Pourquoi êtes-vous si nom-breux autour de cette chapelle bénie, monument antique de la foi de vos pères ? Parce que, dans votre détresse prolongée, vous vous êtes dit : Désormais, les secours humains sont inutiles. Les plus habiles docteurs, malgré la perfection de leurs instru-ments et la solennité de leur langage ne peuvent arracher une goutte de pluie aux fontaines d’En Haut. Nous succom-bons : Sursum corda ! En haut les coeurs, vers ce Dieu qui tient entre ses mains les destinées du monde et dispense à son gré "et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits".

Dans quel but êtes-vous venus ? Pour attendrir le coeur d’un Dieu juste-ment irrité. Vous voyez, dans cette déso-lante sécheresse, un vrai châtiment. Vous n’avez pas tort. Toute offense faite à Dieu mérite punition, en ce monde ou en l’au-tre. Or, ,jamais Dieu fut-il plus outragé que de nos jours ? Comment apaiser la justice divine ? Par la prière et la pénitence. "La prière pénètre les nues", nous dit la Sainte Écriture ; Quand elle sort d’un coeur pur, elle est doublement puissante. Purifiez donc vos âmes par une vraie pénitence. Offrez vos prières par les mains de Sainte Anne, votre puissante patronne, et le Dieu juste se laissera fléchir."

Tous les pèlerins pleurent et prient de tout leur coeur, nous rapporte-t-on. Après la messe, ils regagnent leur paroisse en priant toujours.

Quelle a été "l’efficacité" d’un tel pèlerinage ?

"La Semaine Religieuse" rapporte que " dès le lendemain, le soleil si brûlant jusqu’alors se voilait légère-ment, la chaleur diminuait un peu. Le dimanche suivant, une pluie intense tombait plusieurs heures durant et sauvait ce qui n’était pas encore irrémédiablement perdu."

Quant à "L’Union Agricole et Maritime", dans son édition du 23 juin, après avoir fait état de la disette des fourrages, elle précise que les pluies se rapprochent, mais "seule notre Basse-Bretagne est oubliée dans cette bienheureuse distribution ; mais encore un peu de patience, on sent l’orage dans l’air ; par moments, de lourds nuages sombres se traînent péniblement dans le ciel... La pluie se rapproche de nous enfin..." Le 25 juin, il est dit que la température a baissé et que des averses sont probables. Le 28 juin, grains et rafales surprennent tout le monde, et la consultation des journaux de juillet nous apprend que ce mois-là des orages d’une extrême violence éclatent en Cornouaille. L’eau est bien là, mais trop tard pour les agriculteurs : un crédit exceptionnel sera débloqué à la fin d’août par le ministre de l’Agriculture, Mr Viger, pour leur venir en aide.

21 septembre 1902 : Un faux "pèlerinage de la sardine"

Chapelle Saint-Anne à FouesnantL’été 1902 est resté dans les annales de la IIIème République comme un grand moment d’intolérance, de violence, voire de haine. La Séparation des Églises et de l’État se prépare ; la fermeture des écoles congréganistes, votée en 1901, et appliquée le 10 juillet 1902, met le feu aux poudres. Un vent de guerre sainte va souffler en Bretagne, dans le Finistère notamment. Protestations, manifestations, émeutes se succèdent en juillet et août.

Dans ce climat passionnel, un pèlerinage est organisé par les concarnois, sous la houlette du virulent vicaire Pichon, à la chapelle Sainte-Anne, pour le 21 septembre.

Mais laissons s’exprimer le commissaire de police de Concarneau, qui adresse le 17 septembre un rapport au préfet Colignon.

"On organise à Concarneau sous les auspices de ces messieurs du presbytère un pèlerinage qui se rendra à Sainte-Anne de Fouesnant dimanche prochain et auquel Monsieur le Curé a invité tous ses paroissiens.

Ce pèlerinage inusité a pour but d’aller prier Sainte Anne pour faire venir la sardine sur nos côtes ; mais ce n’est là qu’un but déguisé, et ce pèlerinage n’est en réalité organisé que dans le but de continuer l’agitation que l’on fait à l’occasion de la mise à exécution de la loi sur les Congrégations. En effet, le sermon du vicaire Pichon de Concarneau aux offices de dimanche dernier laissait comprendre qu’il ne s’agissait pas seulement d’aller prier Sainte Anne de faire venir la sardine. Le vicaire Pichon disait qu’il fallait prier et se rendre à Sainte-Anne pour conjurer les maux qui atteignent les catholiques à cette époque qui est toute d’anarchie.

De nombreuses voitures sont déjà retenues pour aller assister à cette petite manifestation."

Gageons que ce pèlerinage s’est fait sous haute surveillance...

(Archives Départementales, série M).


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